Condamnation pour acte de cruauté en Espagne
Ce mardi 26 mai, le Parti animaliste espagnol (Pacma) a annoncé la condamnation de deux chasseurs pour avoir tué leur chien en 2021 à Almogía, dans la province de Malaga. Les faits, révélés par nos confrères de L'Indépendant, sont d'une rare violence : les deux hommes ont pendu leur Podenco d'un an et demi « en riant et en buvant de la bière », car l'animal n'était selon eux « pas bon pour la chasse ». Ils ont ensuite jeté le corps du chien du haut d'une falaise.
Un témoin avait alerté la police environnementale espagnole (SeProNa) le 6 février 2021. L'un des suspects a été interpellé trois heures plus tard au volant de son véhicule, en état d'ivresse et devenu agressif envers les forces de l'ordre. Son complice a rapidement reconnu les faits.
Les deux prévenus ont écopé d'une peine de prison, mais en raison de l'absence d'antécédent judiciaire, ils ne purgeront pas leur peine derrière les barreaux. Ils sont condamnés à une interdiction de chasser ou d'obtenir un permis de chasse pendant quatre ans, à ne pas posséder d'animaux durant cette période, et devront suivre une formation de sensibilisation au bien-être animal. Le parquet avait requis 11 mois de prison, tandis que les associations demandaient 18 mois.
En Suisse, le débat sur la régulation du lynx s'intensifie
Parallèlement à ces faits divers, la question de la chasse aux prédateurs refait surface en Suisse. Dans le canton du Valais, plusieurs acteurs réclament un projet pilote de tirs de régulation du lynx, espèce pourtant protégée. Selon Le Chasseur Français, les observations de lynx repartent fortement à la hausse dans la région, avec près de 30 individus indépendants et plusieurs portées récemment recensés.
Des chasseurs estiment que ce félin exerce une pression importante sur les populations de chevreuils et de chamois. Jean-Frédéric Sierro, président de la Diana Romande, confirme qu'« une certaine envie d'ouvrir la discussion » existe autour d'un éventuel tir de régulation. Le canton pourrait prochainement demander une autorisation à la Confédération.
De leur côté, les scientifiques alertent sur la sensibilité du dossier. Le professeur Raphaël Arlettaz, biologiste de la conservation à l'Université de Berne, rappelle que le lynx avait quasiment disparu du Valais il y a quelques années, le braconnage étant identifié comme la cause principale de cette situation précaire. Le retour du lynx est perçu comme une réussite écologique par les défenseurs de la nature, qui s'opposent fermement à toute forme de régulation.
Aux Antilles, la justice donne raison aux écologistes
Autre actualité marquante, la Cour administrative d'appel de Bordeaux a confirmé l'annulation de deux arrêtés préfectoraux autorisant la chasse de certaines espèces d'oiseaux en Guadeloupe et à Saint-Martin pour la saison 2023-2024. La décision a été rendue lundi 25 mai, comme le rapporte RCI.
Les espèces concernées – colombes à croissants, pigeons à cou rouge et limicoles – avaient déjà échappé aux chasseurs grâce à une première victoire des associations de protection de l'environnement devant le tribunal administratif de Guadeloupe en 2024. La Fédération des chasseurs avait tenté de faire appel, mais la justice a jugé sa requête irrecevable : la Fédération n'avait pas qualité pour agir, n'étant ni à l'initiative de la requête initiale ni citée en première instance. Elle est condamnée à verser 4 000 euros aux associations écologistes.
Cette issue est une victoire symbolique pour les défenseurs de la faune sauvage, qui saluent la protection renforcée de ces espèces menacées. Béatrice Ibéné, présidente de l'association pour la sauvegarde et la réhabilitation de la faune des Antilles, a souligné l'importance de préserver ces oiseaux face aux pressions de la chasse traditionnelle.
Une fête de la ruralité qui interroge
Alors que ces affaires judiciaires et ces débats écologiques animent l'actualité, la 24e édition de Chasse, pêche, nature & vénerie en fête se tiendra ce week-end des 30 et 31 mai au Grand Parquet de Fontainebleau. L'événement se présente comme « une grande fête de la ruralité », réunissant familles, passionnés de chiens, amateurs de chevaux, chasseurs et pêcheurs. Au programme : démonstrations de chiens d'arrêt, spectacle équestre, et messe de la Saint-Hubert avec 100 trompes.
Cet événement, qui entend mettre en avant la relation entre l'homme, le cheval et le chien, intervient dans un contexte où des actes de cruauté et des controverses écologiques ternissent l'image de la chasse. La diversité des cas récents – de la condamnation pour maltraitance animale en Espagne aux tensions sur la régulation des prédateurs en Suisse, en passant par les victoires judiciaires des écologistes aux Antilles – illustre les multiples facettes d'une pratique en pleine mutation, tiraillée entre tradition, éthique et nécessités écologiques.
Si le monde de la chasse cherche à se réinventer, comme en témoigne la fête de Fontainebleau, les attentes sociétales en matière de bien-être animal et de protection de la biodiversité n'ont jamais été aussi fortes. Les prochains mois seront décisifs pour voir comment les acteurs du secteur sauront concilier héritage cynégétique et impératifs environnementaux.
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