Chasse : après un nouvel accident mortel dans le Gard, la sécurité au cœur des débats

gros plan de la main d’un jeune chasseur tenant une paire de jumelles - chasse photos et images de collection

Un drame relance le débat sur la sécurité à la chasse

Mercredi 28 octobre 2026, un chasseur expérimenté de 66 ans a perdu la vie lors d'une battue aux sangliers à Saint-Étienne-des-Sorts, dans le Gard. Touché mortellement par une balle, l'homme participait à une chasse collective réunissant une dizaine de personnes sur le chemin des Granges. Malgré l'intervention rapide des secours et l'envoi d'un hélicoptère du SAMU, il n'a pas pu être réanimé. Le décès a été prononcé vers 13h30.

Deux chasseurs ont été placés en garde à vue dans le cadre de l'enquête ouverte par le parquet de Nîmes. Cette mesure, habituelle dans ce type d'affaire, ne préjuge en rien des responsabilités. Les investigations devront déterminer les circonstances exactes du tir, la position des participants et la trajectoire du projectile. La victime, qui résidait à Vénéjan, était décrite comme un pratiquant aguerri, familier des battues et du territoire.

La fédération des chasseurs du Gard réagit

Au lendemain du drame, la fédération départementale des chasseurs du Gard a exprimé sa « profonde peine » et sa « compassion » envers la famille de la victime. Surtout, elle a fait part de sa préoccupation, car cet accident survient seulement quelques jours après qu'un homme a été mortellement touché par le tir d'un chasseur en Lozère. « Dans un cas comme dans l'autre, le déroulement des faits impose une réelle remise en cause ainsi qu'un devoir absolu de vigilance et de précaution », a déclaré le conseil d'administration.

« C'est un accident de trop », a réagi Marc Vallat, directeur de la fédération, joint par Midi Libre. Selon lui, la victime faisait partie d'un groupe de chasseurs « aguerris, expérimentés ». Suite à ces deux drames, la fédération annonce vouloir mettre en œuvre des « mesures immédiates ». Les adhérents sont notamment invités à suivre la formation décennale sécurité, rendue obligatoire par la loi Chasse de 2019, qui rappelle les règles élémentaires de sécurité. « Nous avons déjà un nombre important de chasseurs qui l'ont suivie : 339 l'an dernier, 405 en 2024, 569 encore avant… Elle apporte une plus-value en termes d'expériences. Dans le Gard, nous avons l'avantage de la proposer en présentiel », assure Marc Vallat. Les présidents et chefs de battues sont également appelés à contacter rapidement les agents de développement de la fédération.

Un contexte de tensions et de partenariats

Ce nouvel accident mortel intervient dans un contexte où la chasse est déjà au centre de plusieurs actualités. Dans les Alpes-de-Haute-Provence, une rencontre a été organisée à l'initiative de la Cofor 04, de l'Office national des forêts et du maire d'Auzet pour sensibiliser les acteurs locaux aux enjeux des déséquilibres sylvo-cynégétiques. Élus forestiers, présidents de sociétés de chasse, représentants de la Fédération départementale des chasseurs et agents de l'ONF se sont rendus en forêt pour constater sur site les enjeux de terrain. Cette rencontre souligne l'importance d'impliquer pleinement les chasseurs pour favoriser le renouvellement des peuplements et assurer l'avenir des forêts communales. La chasse et la forêt sont présentées comme complémentaires, et ce partenariat vise à mieux concilier les activités cynégétiques avec la gestion forestière.

Des actes de malveillance contre des chasseurs

Dans l'Hérault, un anti-chasse a été pris en flagrant délit après avoir tagué et dégradé plusieurs véhicules appartenant à des chasseurs à Roqueredonde, le dimanche 25 octobre 2026. Les chasseurs ont surpris l'auteur des faits et ont appelé la gendarmerie, qui a procédé à l'interpellation. Les propriétaires des véhicules ont porté plainte, et la Fédération départementale des chasseurs de l'Hérault a annoncé se constituer partie civile. Dans un communiqué, la FDC34 a rappelé que la chasse reste une activité légale qui doit être respectée et a salué le sang-froid des chasseurs. Cet incident illustre les tensions persistantes entre le monde de la chasse et ses opposants.

Une sécurité à repenser

Ces événements mettent en lumière la nécessité de renforcer les mesures de sécurité lors des chasses collectives, en particulier les battues au sanglier, qui restent une pratique répandue et parfois source d'accidents. La formation décennale obligatoire, instaurée par la loi de 2019, vise à rappeler les règles de sécurité, mais les accidents mortels continuent de survenir, souvent impliquant des chasseurs expérimentés. La fédération du Gard insiste sur la vigilance et la précaution, et appelle à une remise en cause des pratiques. Les enquêtes en cours devront établir les responsabilités, mais d'ores et déjà, la question de l'organisation des battues et du respect des distances de sécurité est posée.

Par ailleurs, la coexistence entre chasseurs et autres usagers de la nature reste un enjeu majeur. Les partenariats forêt-chasse, comme celui initié dans les Alpes-de-Haute-Provence, montrent une volonté de dialogue, mais les actes de malveillance, tels que les dégradations de véhicules, révèlent une fracture persistante. La chasse, activité légale et régulée, doit composer avec une opinion publique de plus en plus sensible aux questions de sécurité et de bien-être animal. Les fédérations départementales, en se constituant partie civile, entendent défendre la légitimité de leur pratique face aux attaques.

Enfin, ces drames relancent le débat sur la formation et la responsabilité des chasseurs. La loi de 2019 a rendu obligatoire une formation décennale, mais certains estiment qu'elle ne suffit pas. Les accidents mortels récents pourraient accélérer la mise en place de mesures supplémentaires, comme des contrôles plus fréquents ou des sanctions plus lourdes en cas de non-respect des règles. Les autorités et les fédérations de chasse sont donc appelées à trouver un équilibre entre la préservation d'une tradition et la garantie de la sécurité de tous.

Alors que l'enquête se poursuit à Saint-Étienne-des-Sorts, la communauté cynégétique est en deuil et s'interroge sur les moyens de prévenir de tels drames. La fédération du Gard, par ses annonces, entend montrer sa volonté d'agir, mais les résultats dépendront de l'adhésion des chasseurs et de l'efficacité des mesures mises en place.

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