Charles Alloncle publie son livre et relance la bataille sur l'audiovisuel public
Charles Alloncle, député UDR de l'Hérault, fait parler de lui ce 1er octobre 2026. À 32 ans, l'élu, rapporteur de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, publie Je jure de dire toute la vérité chez Fayard, un ouvrage qui revient sur les six mois mouvementés de cette mission parlementaire. Invité ce mercredi 30 septembre de la matinale de TF1 face à Alba Ventura, il a également réagi à l'actualité politique, notamment aux accusations de Mediapart visant Jordan Bardella.
Mais c'est surtout le contenu de son livre qui fait réagir. Charles Alloncle y révèle, sources vérifiées à l'appui, que des actionnaires américains détiendraient la majorité du capital de Mediawan, le groupe cofondé par Matthieu Pigasse, Pierre-Antoine Capton et Xavier Niel. Selon l'élu, le fonds KKR apparaît comme actionnaire majoritaire à 52,7 %, aux côtés d'un autre fonds américain, Providence Equity, et de la société North Road. Au total, les capitaux américains représenteraient près de 70 % du capital de Mediawan. Une révélation qui pourrait avoir des conséquences très concrètes pour le groupe, premier bénéficiaire des contrats de France Télévisions.
Une commission d'enquête sous tension
La commission d'enquête sur l'audiovisuel public, créée à l'initiative d'Éric Ciotti, a été le théâtre d'une opposition inédite. Charles Alloncle le reconnaît lui-même : jamais une telle commission n'avait connu une telle hostilité. « Je savais qu'il serait difficile, jusqu'au dernier jour, d'obtenir une majorité pour voter le rapport et préserver l'ensemble de nos travaux », confie-t-il au JDD. Son obsession : aller au bout, éviter la censure, publier le rapport et préserver des centaines d'heures d'auditions. La mission a été accomplie à une voix près.
Dans son livre, il raconte les coulisses et dénonce une « contre-offensive très coordonnée » menée par « tout un monde, toute une société de connivence ». Il évoque notamment une tribune du milieu culturel réclamant l'arrêt des travaux, signée par des producteurs bénéficiant de contrats importants avec l'audiovisuel public. Une pression qui, selon lui, visait à étouffer les révélations.
Mediawan au cœur des critiques
L'affaire Mediawan est au centre des préoccupations. Lors des auditions, les responsables du groupe auraient refusé de communiquer les documents relatifs à la structure capitalistique, tout en traitant Charles Alloncle d'« affabulateur ». Quelques jours avant la sortie du livre, L'Informé a confirmé ses dires : le fonds américain KKR détient bien 52,7 % du capital. Une révélation qui pourrait entraîner la perte de subventions et de contrats publics de plusieurs centaines de millions d'euros pour Mediawan, liés au soutien à la création et à la production indépendante française. Des syndicats de producteurs ont déjà engagé un recours devant le tribunal administratif.
Charles Alloncle ne compte pas s'arrêter là. Il qualifie l'audiovisuel public d'« irréformable en l'état » et promet de continuer à se battre pour la transparence. « L'audiovisuel public est pris en otage », affirme-t-il, reprenant le titre d'un précédent entretien.
Un parcours académique d'excellence
À seulement 32 ans, Charles Alloncle incarne une nouvelle génération de politiques décomplexés. Son parcours académique impressionne : après des études au lycée privé catholique Saint-Jean-Hulst à Versailles, il intègre Sciences Po Paris en 2011, où il préside la section UMP. Il suit ensuite le programme Grande École d'HEC Paris entre 2014 et 2017, et effectue une année à l'université de Californie, Berkeley, en économie et commerce. Un CV qui lui vaut aujourd'hui une attention médiatique accrue.
Un élu qui bouscule les codes
Depuis plusieurs mois, Charles Alloncle s'est fait remarquer par ses prises de position tranchées et son ton offensif. Son passage remarqué dans l'émission Les Grandes Gueules sur RMC, où il a dénoncé l'absence de règles de passation de marché public dans l'attribution des contrats d'émission, a encore renforcé sa notoriété. Il a également profité de sa venue sur TF1 pour réagir aux accusations visant Jordan Bardella, montrant qu'il entend bien occuper le terrain politique.
Le député UDR de l'Hérault, qui a grandi à Versailles et s'est engagé très tôt, incarne une droite décomplexée et libérale. Son livre, Je jure de dire toute la vérité, est déjà présenté comme un best-seller potentiel. Il y raconte les coulisses d'une commission d'enquête qui a divisé l'Assemblée nationale et mis en lumière les liens troubles entre l'audiovisuel public et des intérêts privés, parfois étrangers.
Alors que le débat sur l'avenir de l'audiovisuel public reste vif, Charles Alloncle apparaît plus que jamais comme un acteur incontournable. Son combat pour la transparence pourrait bien redéfinir les règles du financement de la création française. Une chose est sûre : il ne compte pas se laisser intimider.
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