Canal Football Club sous les projecteurs : Regragui règle ses comptes, Portolano au tribunal
Le Canal Football Club (CFC), émission mythique de Canal+, se retrouve au centre de deux tempêtes médiatiques distinctes ce mardi 8 septembre 2026. D'un côté, le nouveau consultant Walid Regragui, fraîchement débarqué sur le plateau, provoque une vive polémique en revenant sur la finale de la CAN 2025 entre le Sénégal et le Maroc, allant jusqu'à qualifier le comportement des Lions de la Teranga de « honte ». De l'autre, la journaliste Marie Portolano est jugée à Paris pour diffamation envers l'ancien chroniqueur vedette de l'émission, Pierre Ménès. Deux affaires qui ravivent les tensions autour d'un programme qui n'en finit plus de faire parler, bien au-delà des terrains de football.
Walid Regragui et la finale CAN 2025 : la sortie qui fâche
Ancien sélectionneur du Maroc, Walid Regragui a fait ses débuts de consultant sur le plateau du Canal Football Club. Interrogé sur la finale de la CAN 2025 qui a opposé le Sénégal au Maroc, il n'a pas mâché ses mots. Dans des propos rapportés par Seneweb, il a vivement critiqué la sortie du terrain des joueurs sénégalais pendant la rencontre, un incident qui avait émaillé la finale. Selon lui, la CAF (Confédération africaine de football) aurait dû réagir plus tôt et décerner la victoire aux Marocains. « C'était une honte », a-t-il lancé, avant de s'en prendre directement au jeune attaquant sénégalais Ibrahim Mbaye, coupable selon lui d'avoir publié un snapchat depuis le vestiaire durant cette interruption de jeu.
L'ancien coach des Lions de l'Atlas est allé plus loin en établissant un lien entre cette pause et le penalty raté de Brahim Diaz, qui avait vu sa tentative repoussée par Édouard Mendy. « Si on veut débattre sincèrement, le fait qu'une équipe soit sortie 15 minutes n'a-t-il pas modifié le comportement de Brahim Diaz ? », a-t-il interrogé, comparant cette situation à celle de Kylian Mbappé lors du Mondial 2022. Une analyse à charge qui ignore volontairement, selon certains observateurs, les éléments qui ont pu perturber les Sénégalais, notamment l'affaire des serviettes et l'attitude des ramasseurs de balles. Regragui conclut : « Le grand perdant, c'est le football africain ».
Marie Portolano face à Pierre Ménès : un procès sous haute tension
Parallèlement, l'émission qui l'a rendue célèbre est au cœur d'une bataille judiciaire. Marie Portolano, ancienne présentatrice du CFC, est jugée depuis lundi pour diffamation envers Pierre Ménès. Ce dernier, ex-chroniqueur incontournable du Canal Football Club, accuse la journaliste de l'avoir calomnié dans son livre Je suis la femme du plateau (2024), sans le nommer mais en le rendant identifiable. Deux extraits sont plus particulièrement visés, dont celui où elle évoque un prétendu « droit de cuissage » de l'ancien consultant, et un autre relatant une agression sexuelle qu'elle dit avoir subie sur le plateau en 2016. Pierre Ménès, qui a porté plainte trois mois après la parution, a décidé d'aller jusqu'au procès, une rareté dans les affaires de #MeToo, comme le souligne franceinfo.
L'audience, qui devait se tenir lundi 7 septembre, pourrait être reportée à la demande de la défense de Pierre Ménès, selon RMC Sport et l'AFP. Le chroniqueur, qui a toujours nié les faits, invoque des raisons médicales. Cette affaire s'inscrit dans le sillage du documentaire choc « Je ne suis pas une salope, je suis une journaliste », co-réalisé par Marie Portolano et diffusé en 2021, qui avait déjà provoqué le départ de Ménès de Canal+. Le Canal Football Club se retrouve ainsi malgré lui au centre de polémiques qui dépassent largement le cadre sportif.
Le Canal Football Club, un terrain glissant pour les controverses
Le Canal Football Club n'en est pas à son premier scandale. Depuis sa création en 2011, l'émission a vu passer de nombreuses personnalités et a été secouée par des polémiques répétées. En 2016, une vidéo montrant Pierre Ménès en train de soulever la jupe de Marie Portolano sur le plateau avait déjà fait grand bruit. La journaliste avait alors choisi de ne pas porter plainte, mais la diffusion de cette séquence dans le documentaire de 2021 avait relancé l'affaire et précipité le départ de Ménès. Le consultant, qui a toujours clamé son innocence, est aujourd'hui à l'initiative de la procédure pour diffamation, inversant les rôles : c'est désormais lui qui poursuit, comme le souligne franceinfo.
L'arrivée de Walid Regragui en tant que consultant ajoute une nouvelle corde à un arc déjà bien tendu. Ses déclarations sur la CAN 2025 ont immédiatement suscité des réactions, notamment au Sénégal où on lui reproche d'ignorer les provocations des Marocains et de la CAF. L'ancien sélectionneur, qui n'a jamais digéré la finale perdue, semble utiliser sa nouvelle tribune pour régler des comptes. Cette situation illustre la difficulté pour Canal+ de maintenir un équilibre entre des consultants aux fortes personnalités et la nécessité de préserver l'image de l'émission, déjà écornée par les affaires précédentes.
Les enjeux d'un procès très médiatique
Le procès opposant Marie Portolano à Pierre Ménès dépasse le simple cadre personnel. Il cristallise les tensions entre la liberté de parler des violences sexistes et le droit à la présomption d'innocence. En France, la diffamation est un délit, mais la charge de la preuve est inversée en faveur du plaignant. Pierre Ménès, en intentant ce procès, pourrait espérer une condamnation qui laverait son honneur, mais il prend aussi le risque de rouvrir un débat qu'il avait tenté de clore. Marie Portolano, de son côté, bénéficie d'un large soutien dans le milieu du journalisme, mais une condamnation affaiblirait la parole des victimes. Ce procès est donc suivi de près par les associations féministes et les professionnels des médias.
Le Canal Football Club, victime de son succès ?
L'émission, qui a connu ses heures de gloire avec des débats enflammés et des scoops, doit aujourd'hui composer avec les conséquences de son exposition médiatique. Les affaires Ménès et Regragui montrent que le CFC est devenu un véritable microcosme des tensions du football africain et européen. Sa capacité à attirer des consultants prestigieux comme Regragui lui assure une certaine aura, mais cela se fait au prix de prises de position parfois clivantes. L'émission doit aussi gérer l'héritage de Pierre Ménès, dont le retour régulier dans l'actualité rappelle les zones d'ombre.
Dans ce contexte, les audiences du CFC pourraient bien profiter de cette actualité chargée, à l'instar des autres événements sportifs suivis par le site, comme l'US Open 2026 où Learner Tien crée la sensation chez les bookmakers voir notre article. Mais à quel prix ? Le football, déjà terni par des polémiques extra-sportives, voit une de ses émissions phares servir de caisse de résonance à des rancœurs. Il reste à espérer que le débat sportif reprenne ses droits, sur le plateau comme dans les prétoires.
L'affaire Portolano-Ménès soulève en tout cas une question fondamentale : jusqu'où peut aller la liberté d'expression dans le témoignage ? Le livre de Marie Portolano, écrit pour dénoncer le sexisme dans les médias, est aujourd'hui attaqué en justice. Une issue défavorable pour la journaliste pourrait avoir un effet dissuasif sur les futures victimes. À l'inverse, un procès perdu par Ménès entérinerait les accusations portées contre lui. Le tribunal de Paris devra trancher, et sa décision sera scrutée bien au-delà du Canal Football Club.
Entre les déclarations incendiaires de Regragui et les silences imposés par la justice, le CFC tente de maintenir le cap. L'émission, qui a fait les belles heures de Canal+, doit maintenant naviguer dans des eaux troubles, où le terrain de jeu se trouve autant sur le gazon que dans les salles d'audience. Les semaines à venir s'annoncent décisives, tant pour l'image du football africain que pour celle des médias sportifs français.
Le football africain au centre des débats
Si l'affaire Portolano-Ménès est très française, la polémique Regragui touche au football africain, qui se remet à peine de cette finale houleuse. La sortie des joueurs sénégalais, si elle a été vécue comme une injustice par le Maroc, a été justifiée par les Sénégalais comme une réponse aux manœuvres de déstabilisation. La CAF, critiquée par Regragui, avait finalement validé le résultat, mais cet épisode a laissé des traces. Le nouveau consultant de Canal+ ne fait que raviver un conflit larvé entre deux des plus grandes nations du football africain. Ses déclarations, rapportées par la presse sénégalaise, risquent d'attiser les esprits, alors que les éliminatoires de la prochaine CAN approchent.
La place de Walid Regragui au sein du Canal Football Club pourrait bien relancer les audiences, mais elle pose aussi la question de l'indépendance éditoriale de l'émission. En tant que consultant, il est censé apporter une analyse neutre, mais certains estiment qu'il règle ses comptes personnels. Dans ce contexte, les dirigeants de Canal+ vont devoir gérer les réactions, tout en capitalisant sur l'attrait médiatique que suscite l'ancien sélectionneur. L'émission, qui a besoin de renouveau après le départ de plusieurs figures historiques, espère que les polémiques ne nuiront pas à sa crédibilité.
L'actualité sportive est pourtant riche, avec des événements comme l'US Open où le duel entre Karen Khachanov et Learner Tien en quarts de finale suscite l'intérêt voir notre article. Mais le Canal Football Club semble avoir du mal à se concentrer sur le jeu, préférant les débats houleux. Il se pourrait que ces controverses, loin de desservir l'émission, attirent un public avide de sensations. C'est un pari risqué, mais qui pourrait s'avérer payant.
En attendant les décisions de justice et la suite des déclarations, le monde du football retient son souffle. L'affaire Ménès-Portolano et la sortie de Regragui sont deux symboles des dérives d'un milieu où la parole se libère mais où les comptes se règlent aussi devant les tribunaux. Le Canal Football Club, malgré lui, est devenu un observatoire des maux du football contemporain. Une chose est sûre : le débat ne fait que commencer.
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