L'Île-de-France et la Martinique sous surveillance renforcée
La bronchiolite fait son retour saisonnier. Selon le bulletin hebdomadaire de Santé publique France publié le 28 octobre 2026, couvrant la semaine du 19 au 25 octobre, les indicateurs de surveillance montrent une augmentation modérée du recours aux urgences hospitalières pour cette infection respiratoire, principalement chez les jeunes enfants. Deux territoires se distinguent nettement : l'Île-de-France, désormais placée en phase pré-épidémique, et la Martinique, qui est officiellement entrée en phase épidémique.
En Île-de-France, les passages aux urgences pour bronchiolite chez les enfants de moins de deux ans ont bondi de 24,5 % en une semaine, atteignant 346 consultations. Parmi ces jeunes patients, 80 ont été hospitalisés, soit une hausse de 7,2 % par rapport à la semaine précédente. Les nourrissons de moins d'un an sont les plus concernés : ils représentent 329 passages aux urgences, en augmentation de 23,2 %, et 77 d'entre eux ont nécessité une hospitalisation. Autre signal préoccupant : la bronchiolite représente désormais 9,5 % des passages aux urgences avec diagnostic codé chez les moins d'un an, soit une progression de 1,8 point en une semaine. Santé publique France note également une légère augmentation de la détection du virus respiratoire syncytial (VRS) à l'hôpital dans la région. Le VRS est le principal agent pathogène responsable de la bronchiolite, impliqué dans environ 80 % des cas.
La Martinique passe en phase épidémique
Outre-mer, la situation est encore plus avancée. La Martinique est passée en phase épidémique, comme l'a annoncé l'Agence régionale de santé (ARS) le 30 octobre 2026. Entre le 19 et le 25 octobre, 27 enfants de moins d'un an ont été admis aux urgences pour une bronchiolite, contre une moyenne de 15 admissions sur les quatre semaines précédentes. Douze de ces nourrissons ont dû être hospitalisés. Les données de Santé publique France indiquent que 62 % des prélèvements réalisés chez les nourrissons se sont révélés positifs au VRS. Face à cette circulation active, l'ARS Martinique appelle à renforcer la prévention et rappelle les dispositifs d'immunisation disponibles pour protéger les nourrissons des formes graves.
Une maladie très contagieuse chez les tout-petits
La bronchiolite est une infection respiratoire virale qui touche principalement les enfants de moins de deux ans. Chaque année, près d'un enfant sur trois est concerné. Le VRS est responsable de la majorité des cas et constitue l'une des principales causes d'hospitalisation des nourrissons durant leur première année de vie. La maladie se manifeste généralement par un rhume, une toux, et parfois une respiration sifflante ou accélérée. Dans la plupart des cas, elle guérit spontanément, mais chez les nourrissons les plus jeunes, elle peut entraîner des difficultés respiratoires ou alimentaires nécessitant une prise en charge hospitalière.
La transmission se fait par les gouttelettes respiratoires et par contact avec des surfaces contaminées. Les gestes barrières restent essentiels : lavage des mains, aération des pièces, port du masque en cas de symptômes, et éviter les lieux bondés. Les autorités sanitaires insistent également sur l'importance de l'immunisation préventive.
Des outils de prévention renforcés
Pour protéger les nourrissons, plusieurs options sont disponibles. La vaccination des femmes enceintes avec Abrysvo®, administrée entre la 32e et la 36e semaine de grossesse, permet de transmettre des anticorps protecteurs au bébé avant sa naissance. Le Beyfortus® (nirsévimab), un anticorps monoclonal, est destiné aux nouveau-nés et aux nourrissons lors de leur première saison de circulation du VRS. Enfin, le Synagis® (palivizumab) est réservé aux nourrissons les plus vulnérables, notamment les prématurés et ceux atteints de pathologies cardiaques ou respiratoires. Les parents sont invités à se rapprocher d'un professionnel de santé pour connaître les mesures adaptées à leur situation.
Une situation globale sous contrôle, mais à surveiller
À l'échelle nationale, la majorité des régions restent à leur niveau de base, selon Santé publique France. Les recours aux soins pour les virus hivernaux, notamment le Covid-19 et la bronchiolite, progressent légèrement, mais demeurent comparables ou inférieurs à ceux des années précédentes. En Île-de-France, si les passages aux urgences pour bronchiolite augmentent, ils restent nettement en deçà de ceux de l'an dernier à la même période : 9 511 passages pour 100 000 passages, contre 16 635 l'an dernier. D'autres virus circulent également, comme les rhinovirus et les entérovirus, susceptibles de provoquer des bronchiolites. Concernant le Covid-19, les prises en charge hospitalières augmentent légèrement, notamment chez les 65 ans et plus, mais restent inférieures aux niveaux des années précédentes. La campagne de vaccination contre le Covid-19 et la grippe a débuté le 13 octobre 2026, sauf à Mayotte et à La Réunion où le calendrier est adapté.
Vers une généralisation de la prévention ?
Cette recrudescence automnale de la bronchiolite s'inscrit dans un contexte de préparation des autorités sanitaires. La mise en place progressive d'outils d'immunisation, comme le Beyfortus®, a déjà montré son efficacité dans plusieurs pays. En France, les recommandations visent à élargir la couverture des nourrissons. Par ailleurs, la question de l'obligation vaccinale contre la grippe pour les soignants est en discussion, avec une mise en œuvre envisagée d'ici la fin du premier trimestre 2027, selon la Haute Autorité de santé. Cette mesure pourrait indirectement réduire la pression sur les hôpitaux pendant les périodes de circulation virale intense.
La bronchiolite reste une priorité de santé publique, car elle constitue une cause majeure d'hospitalisation chez les nourrissons. Les autorités sanitaires appellent à la vigilance et à la mobilisation des gestes barrières, en particulier dans les régions déjà en phase pré-épidémique ou épidémique. La situation évoluera dans les prochaines semaines, à mesure que les températures baissent et que les virus hivernaux circulent davantage. Un suivi hebdomadaire est maintenu par Santé publique France.
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