Ben-Gvir appelle à tuer 30 à 40 Gazaouis chaque nuit, « indignes de vivre »

Itamar Ben Gvir

Ben-Gvir provoque un tollé en appelant à des tueries nocturnes à Gaza

Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a suscité une vive polémique ce week-end en déclarant qu'Israël devrait tuer « 30 à 40 » Gazaouis chaque nuit par des frappes ciblées, qualifiant ces personnes « d'indignes de vivre ». Ces propos, tenus lors d'un podcast avec l'ex-otage Rom Braslavski, ont été publiés samedi 16 août 2026 et ont immédiatement fait réagir, tant au niveau international que dans la classe politique israélienne.

« Je pense que nous devons mener des frappes ciblées à Gaza chaque nuit, éliminer 30, 40 personnes – pas seulement celles qui nous menacent à ce moment-là », a déclaré Ben-Gvir. Selon lui, « il y a là-bas des gens qui ne méritent pas de vivre ; ils ne devraient pas être en vie ; ce ne sont même pas des personnes ». Le ministre a également justifié des assassinats ciblés contre des civils, affirmant qu'une femme qui avait apporté de la nourriture à Rom Braslavski durant sa captivité « mérite une balle dans la tête ».

Un contexte électoral tendu et des divergences avec Netanyahu

Ces déclarations interviennent à trois mois des élections législatives israéliennes prévues le 27 octobre 2026. Ben-Gvir, chef du parti d'extrême droite Otzma Yehudit, cherche à consolider sa base électorale en adoptant une ligne encore plus dure. Il a ouvertement critiqué la décision du Premier ministre Benjamin Netanyahu de réduire les frappes à Gaza dans le cadre du cessez-le-feu actuel, une position qui l'avait déjà opposé au chef du gouvernement en mai dernier.

« Ce n'est un secret pour personne, je ne suis pas d'accord avec le Premier ministre […] Je pense que des assassinats ciblés devraient être menés à Gaza, en éliminant 30 à 40 personnes chaque nuit », a insisté Ben-Gvir. Il a également appelé à l'encouragement de l'émigration des Gazaouis et à la relance de la colonisation juive dans la bande de Gaza, qu'il considère comme « nôtre ». « Des colonies non seulement à Gush Katif mais dans toute la Gaza, encourageant autant d'émigration que possible, les envoyant dans leurs pays », a-t-il précisé.

Réactions et implications juridiques internationales

Les propos du ministre ont été immédiatement condamnés par la communauté internationale. Le secrétaire général de l'ONU a rappelé que toute mesure visant à déplacer de force des Palestiniens de Gaza pourrait être considérée comme un « nettoyage ethnique ». Le chef de la diplomatie iranienne, Kazem Gharibabadi, a écrit sur X que « ces aveux doivent être enregistrés et conservés pour le jour du jugement et du procès de ces criminels ». Des déclarations similaires de Ben-Gvir ont d'ailleurs été présentées aux Nations unies comme preuve d'une « intention génocidaire » du gouvernement israélien à Gaza.

Alors que Ben-Gvir n'a aucune autorité directe sur l'armée, sa position au sein du cabinet de sécurité lui confère une influence sur les décisions stratégiques. Cette nouvelle sortie médiatique intervient dans un climat régional déjà extrêmement tendu, avec des négociations en cours sur un accord entre les États-Unis et l'Iran, et alors que la guerre à Gaza a fait des dizaines de milliers de morts depuis 2023.

Un ministre qui assume sa réputation de « terreur »

Au cours de l'entretien, Rom Braslavski, ex-otage, a décrit la haine et la peur que Ben-Gvir inspire aux Gazaouis. Loin de s'en offusquer, le ministre a déclaré être « fier d'être craint » dans la bande de Gaza, et a renouvelé son soutien à la loi sur la peine de mort pour les « terroristes » condamnés par les tribunaux militaires israéliens. Il a même promis à Braslavski de « faire tout ce qui est en son pouvoir » pour lui permettre d'exécuter personnellement des prisonniers palestiniens, une perspective qui a été largement condamnée par les organisations de défense des droits humains.

Cette rhétorique belliqueuse s'inscrit dans une escalade verbale préoccupante, qui pourrait avoir des répercussions au-delà des frontières israéliennes. Alors que les pourparlers de paix semblent au point mort, les déclarations de Ben-Gvir risquent d'enflammer davantage une région déjà meurtrie, et de compliquer encore les efforts diplomatiques internationaux pour stabiliser la situation. Les prochaines semaines s'annoncent décisives, tant sur le plan militaire que politique, en Israël et dans les territoires palestiniens. Cette actualité rappelle, à sa manière, que les tensions au Moyen-Orient peuvent avoir des échos inattendus dans d'autres régions du monde, y compris en Europe où les débats sur la sécurité et la immigration restent vifs.

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