Aurore Bergé sous pression : perpétuité des violeurs, voile et promesses non tenues

Aurore Bergé dénonce des «pressions» de Michel-Edouard Leclerc au Parlement

Une ministre au cœur de trois polémiques

Le 21 juillet 2026, Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, a multiplié les interventions médiatiques sur RMC pour défendre des positions clivantes et répondre à des critiques. Trois dossiers brûlants occupent l'actualité : le rejet par la gauche de la perpétuité pour les violeurs en série de mineurs, la proposition du Rassemblement national d’interdire le voile dans les bâtiments publics, et le non-respect de sa promesse d’implanter une Maison des femmes dans chaque département d’ici fin 2026. Autant de sujets qui mettent la ministre sous pression, à un an de l’élection présidentielle.

Perpétuité pour les violeurs de mineurs : la gauche accusée de « faute politique »

Ce mardi 21 juillet, l’Assemblée nationale revote sur le projet de loi de protection des enfants, après que les députés de La France insoumise et écologistes ont supprimé, vendredi 17 juillet, la mesure phare instaurant la perpétuité encourue pour les violeurs en série lorsque des mineurs de moins de 15 ans figurent parmi les victimes. Invitée d’Apolline Matin sur RMC, Aurore Bergé a exprimé sa colère : « Je ne comprends toujours pas comment il est possible de se dire que pour des criminels qui violent en série des enfants, ils ne pourraient pas être condamnés à perpétuité. » Elle a dénoncé une « faute politique » de la gauche, estimant que cette position suscite « de la colère, de l’indignation et de l’incompréhension » chez les Français.

La ministre a également annoncé qu’une « loi intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles, inspirée par l’affaire Lyhanna, serait débattue dès octobre 2026 à l’Assemblée. « On se réunit ce mardi après-midi avec la présidente de l’Assemblée et le Premier ministre », a-t-elle précisé, promettant un texte global pour mieux protéger les victimes.

Voile dans les bâtiments publics : Bergé tacle le RN et défend la liberté

Sur le même plateau, la ministre a réagi à la proposition du Rassemblement national d’organiser un référendum pour interdire le port du voile islamique dans les bâtiments publics, si Marine Le Pen était élue en 2027. « Cette mesure est anticonstitutionnelle », a lancé Aurore Bergé, rappelant les atermoiements du parti d’extrême droite sur le sujet. « C’était soi-disant une mesure-phare pendant des années de l’interdire dans l’espace public, maintenant ils se ravisent. »

Tout en se disant opposée au port du voile pour les enfants – « quand on a 7-8 ans, on est soumis aux diktats des parents » –, la ministre a défendu la liberté des adultes : « On ne peut pas empêcher les femmes d’être libres. On ne peut pas voir derrière chaque femme voilée une islamiste en puissance. » Une position qui tranche avec la ligne sécuriste souvent défendue par le gouvernement.

Maison des femmes : un engagement non tenu dans le Jura

Par ailleurs, Le Progrès révèle ce 21 juillet 2026 que la promesse faite par Aurore Bergé le 17 juillet 2025 à Morez, après le féminicide de Maria, n’est toujours pas réalisée dans le Jura. La ministre s’était engagée, avec le président de la République, à implanter une Maison des femmes dans chaque département d’ici fin 2026. Or, cette échéance repoussait déjà un précédent engagement du Premier ministre Michel Barnier, qui visait fin 2025. La structure jurassienne n’existe toujours pas.

Ces retards interviennent dans un contexte de mobilisation croissante contre les violences faites aux femmes, alors que le gouvernement avait fait de ce sujet une priorité affichée. La ministre devra rapidement trouver des solutions pour tenir sa promesse, sous peine de nouvelles critiques.

Des positions qui divisent la classe politique

Les prises de position d’Aurore Bergé suscitent des réactions contrastées. Sur la perpétuité, la gauche persiste : Éric Coquerel (LFI) a justifié le rejet par l’inefficacité de la « surenchère pénale », rappelant que « seulement 3% des auteurs sont condamnés aujourd’hui ». Pour lui, le vrai problème est le manque de moyens pour la prévention et le suivi psychiatrique. Sur le plateau des Grandes Gueules, la sophrologue Laura Warton-Martinez a dénoncé une « indignité », estimant que les études montrent qu’un pédocriminel qui passe à l’acte récidive.

Sur le voile, la droite et l’extrême droite critiquent la « faiblesse » de la ministre face à ce qu’ils considèrent comme un symbole de l’islamisme. Sébastien Chenu (RN) a réaffirmé la volonté de son camp de « ne plus voir le voile dans le pays ».

Des enjeux qui dépassent la simple actualité

Ces trois dossiers illustrent les tensions qui traversent la société française à l’approche de la présidentielle de 2027. La question de la justice pénale face aux violences sexuelles, celle de la laïcité et du port de signes religieux, et enfin l’efficacité des politiques publiques de protection des femmes sont autant de sujets clivants qui façonneront le débat politique.

Dans un contexte où les affaires de violences sur mineurs (affaire Lyhanna, scandale du périscolaire parisien) et les féminicides continuent de défrayer la chronique, chaque parole et chaque promesse sont scrutées de près. Aurore Bergé, figure montante de la macronie, devra convaincre qu’elle peut à la fois incarner la fermeté pénale et la défense des libertés, tout en tenant ses engagements concrets.

Sur le plan économique, alors que le gouvernement doit gérer une décollecte record du Livret A, les promesses non tenues des Maisons des femmes pourraient aussi peser sur la crédibilité de l’exécutif.

Lien interne : Livret A : décollecte record de 6 milliards au premier semestre 2026

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