Aurore Bergé : non-lieu requis dans l'enquête pour faux témoignage sur les crèches

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La ministre Aurore Bergé obtient un non-lieu dans l'affaire des crèches

Le parquet général près la Cour de cassation a annoncé, mercredi 20 mai, avoir requis un non-lieu en faveur d'Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations. Cette décision met un terme à l'information judiciaire ouverte en janvier 2025, dans laquelle la ministre était soupçonnée d'avoir menti sous serment sur ses liens avec une lobbyiste des crèches privées.

L'enquête avait été déclenchée après un signalement du bureau de l'Assemblée nationale à la Cour de justice de la République (CJR), l'instance compétente pour juger les membres du gouvernement pour des actes commis dans l'exercice de leurs fonctions. Aurore Bergé avait été entendue à deux reprises et placée sous le statut de témoin assisté, une position intermédiaire entre le simple témoin et la mise en examen.

Des accusations de mensonge sous serment

Les faits remontent au 30 avril 2024, lorsque la ministre, alors députée, avait témoigné sous serment devant la commission d'enquête parlementaire sur le modèle économique des crèches. Interrogée sur ses relations avec les lobbys du secteur, elle avait affirmé n'avoir aucun « lien personnel, intime ou amical, ni d'accointances » avec Elsa Hervy, déléguée générale de la Fédération française des entreprises de crèches (FFEC).

Ces déclarations avaient été contestées par des députés de La France insoumise et du groupe Écologiste et Social, qui estimaient que la ministre avait minimisé ses relations avec la lobbyiste. Le journaliste Victor Castanet, dans son livre-enquête Les Ogres, avait notamment évoqué un « pacte de non-agression » conclu entre les deux femmes, alimentant les soupçons de faux témoignage.

Une mise au point judiciaire

Le parquet général a estimé que les éléments recueillis ne permettaient pas de caractériser une infraction de faux témoignage. Selon les informations de Franceinfo, les investigations n'ont pas révélé de preuve suffisante que la ministre aurait délibérément menti. Le non-lieu requis devrait désormais être examiné par la CJR, qui pourrait clore définitivement cette procédure.

Un contexte politique tendu

Cette affaire s'inscrit dans un climat de défiance croissante envers les liens entre le monde politique et les lobbys, particulièrement dans le secteur sensible de la petite enfance. La commission d'enquête sur les crèches avait mis en lumière des pratiques contestables dans le modèle économique des établissements privés, suscitant de vives polémiques.

Aurore Bergé, membre du parti Les Républicains avant de rejoindre le gouvernement, a toujours fermement nié les faits reprochés. Son entourage souligne que la procédure n'a jamais abouti à une mise en examen, et que le statut de témoin assisté était déjà une indication de la faiblesse des charges retenues contre elle.

Une ministre à nouveau sous les projecteurs

Parallèlement à ce dossier judiciaire, Aurore Bergé a récemment fait parler d'elle pour une autre décision controversée : la remise de l'ordre national du Mérite au chanteur franco-israélien Amir. La ministre a justifié ce choix en expliquant que l'artiste s'engage depuis plus de vingt ans pour « la paix entre les peuples, la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et toutes les formes de haine ». Cette distinction intervient alors qu'Amir est critiqué pour son soutien à Israël dans la guerre à Gaza et pour sa proximité avec un coach vocal accusé de harcèlement sexuel.

Une actualité judiciaire qui s'éloigne

Le non-lieu requis dans l'affaire des crèches permet à la ministre de se concentrer sur ses fonctions, dans un contexte où la question de l'égalité femmes-hommes et de la lutte contre les discriminations reste au cœur des débats. Si la CJR valide ce non-lieu, Aurore Bergé sortira définitivement de cette procédure sans avoir été condamnée, une issue qui conforte sa version des faits.

Cette décision intervient alors que d'autres figures politiques sont également sous le coup d'enquêtes pour des accusations similaires, illustrant la vigilance accrue des institutions sur les déclarations des élus. Pour Aurore Bergé, ce dénouement judiciaire pourrait lui permettre de tourner la page et de poursuivre son action ministérielle sans l'ombre de cette affaire.

À l'heure où les crèches privées continuent de faire l'objet de débats et de réformes, cette affaire rappelle l'importance de la transparence dans les relations entre les responsables politiques et les groupes d'intérêt. La commission d'enquête parlementaire avait d'ailleurs recommandé plusieurs mesures pour renforcer le contrôle des liens entre les élus et les lobbys, un chantier qui reste d'actualité.

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