Une plainte qui secoue le conseil municipal du Croisic
Le 9 juin 2026, le conseil municipal du Croisic a débuté sur une annonce qui a stupéfié l'assemblée. Jean-Yves Jégou, le nouveau maire élu en mars, a informé les élus avoir déposé une plainte auprès de la procureure de la République concernant les conditions de départ de l'ancienne directrice générale des services (DGS).
Selon les informations communiquées, la rupture conventionnelle de cette haute fonctionnaire, intervenue après les élections municipales de mars 2026, a coûté au total 203 000 euros à la commune, dont près de 196 821 euros directement versés à l'agente. Ce montant, qui n'était pas prévu au budget primitif, a nécessité un transfert de crédits de la section d'investissement vers la section de fonctionnement, validé ultérieurement.
Le maire a justifié sa démarche par la nécessité de préserver les deniers publics et d'agir "en toute transparence". De son côté, Jacques Bruneau, élu d'opposition et ancien premier adjoint de Michèle Quellard, a dénoncé un manque d'information préalable des élus sur ce dossier.
Ce n'est pas le seul sujet qui anime la commune en ce début d'été. Le Croisic connaît aussi des avancées sur le plan patrimonial, sportif et environnemental.
Le patrimoine religieux entre dans un réseau national
Dans un tout autre registre, la ville vient d'adhérer au réseau "Églises ouvertes France", une initiative visant à valoriser les édifices religieux auprès des visiteurs. L'église Notre-Dame-de-Pitié, monument historique majeur de la commune, devient ainsi la deuxième église de Loire-Atlantique à rejoindre ce réseau, après celle du Cellier.
Philippe Lacroix, adjoint à la culture, au tourisme et au patrimoine, a précisé que les critères d'adhésion étaient déjà remplis par la paroisse Saint-Yves de la Côte sauvage et l'association du patrimoine de Notre-Dame-de-Pitié. L'adhésion annuelle de 350 euros la première année, puis 160 euros, sera prise en charge par la commune. Une manière de donner une meilleure visibilité à cet édifice, déjà ouvert quotidiennement.
Cette décision intervient dans un contexte plus large où plusieurs communes du littoral s'efforcent de concilier préservation du patrimoine et attractivité touristique. Le Croisic mise ainsi sur son histoire et ses monuments pour séduire une clientèle en quête d'authenticité.
La pêche sous tension : comprendre la baisse des stocks de homards
Alors que la saison estivale bat son plein, une autre actualité préoccupe la station balnéaire : la diminution des stocks de homards sur le banc de Guérande. Depuis début juin, une expérimentation est menée à la criée du Croisic par le Comité Régional des Pêches des Pays de la Loire (Corepem) et l'Ifremer.
Le principe est simple : les pêcheurs volontaires isolent les femelles trop jeunes - mesurant moins de 105 millimètres - avant qu'elles ne soient commercialisées. Ces crustacés sont ensuite marqués sur l'uropode (appendice abdominal) grâce à une petite incision en forme de V, puis relâchés en mer. Objectif : leur permettre au moins un cycle de reproduction supplémentaire avant d'être pêchés.
"Ne pas vendre une femelle qui ne s'est jamais reproduite", résume Armand Brun, chargé de mission au Corepem. Une démarche qui s'inscrit dans une préoccupation plus large de gestion durable des ressources marines, alors que la pression sur les stocks halieutiques ne cesse de croître.
La vie associative résiste : le club de foot prépare sa saison
Pendant ce temps, la vie associative continue de battre son plein. Le Football-club Côte sauvage, qui compte 141 licenciés, a tenu son assemblée générale vendredi. Le président Antony Martin a salué "une forte mobilisation de tous" lors de la saison écoulée, saluant l'engagement des joueurs et des bénévoles.
Mais tout n'est pas rose. L'équipe A a écopé de sept cartons rouges en vingt-deux matchs de championnat, entraînant une perte de deux points au classement. Un point que le président souhaite voir s'améliorer, tant sur le plan sportif que financier.
Pour la saison 2026-2027, le club s'est fixé plusieurs objectifs : un bar au stade de Batz-sur-Mer, un carport au niveau du bar du Croisic, un local de stockage de matériel, et le recrutement d'un jeune en alternance pour animer les séances des jeunes. Les entraînements seniors reprendront en août.
Un été sous le signe des contrastes
Au Croisic, l'été 2026 s'annonce sous le signe des contrastes. Tandis que la vie associative et le patrimoine religieux se renforcent, la commune doit aussi faire face à des interrogations sur la gestion administrative et les enjeux environnementaux. La plainte du maire, si elle devait aboutir, pourrait clarifier les responsabilités autour de la rupture conventionnelle contestée.
Ces affaires locales trouvent un écho plus large à l'échelle nationale, où les collectivités territoriales sont de plus en plus souvent confrontées à des contentieux ou à des tensions liées aux transitions politiques. À l'instar de l'autonomie de la Corse : le grand chambardement constitutionnel qui divise LFI, les communes doivent composer avec des cadres juridiques parfois flous.
Sur le plan économique, la baisse des stocks de homards rappelle la fragilité des écosystèmes marins, alors que la région Pays de la Loire mise sur une pêche durable. Le Croisic, station balnéaire prisée, devra trouver l'équilibre entre développement touristique, préservation environnementale et gestion rigoureuse des finances publiques.
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