Aston Martin vit un calvaire à Barcelone : double abandon et fond de grille
Alors que la saison 2026 de Formule 1 était présentée comme celle du renouveau sous l'ère Newey, Aston Martin a vécu l'un de ses week-ends les plus douloureux à Barcelone. Les AMR26 de Fernando Alonso et Lance Stroll ont signé les deux dernières places en qualifications (21e et 22e) avant de tous deux abandonner en course sur des problèmes mécaniques. Un bilan catastrophique qui ne fait qu'alourdir la pression sur une équipe qui n'a inscrit qu'un seul petit point depuis le début de l'année.
Pour Alonso, qui disputait peut-être son dernier Grand Prix à domicile, l'émotion était palpable. "Les fans ont été incroyables tout le week-end. C'était un moment très spécial, peut-être le dernier à Barcelone. Malheureusement, nous ne leur avons pas donné les résultats qu'ils méritaient", a confié le double champion du monde, dépité. Le chef des opérations piste, Mike Krack, n'a pas caché son désarroi : "Je suis désolé pour tous ces fans aux maillots verts dans les tribunes. Nous n'avons rien pu leur offrir pour les faire vibrer."
Un choix stratégique risqué : un seul gros package d'évolutions
Si la situation est aussi tendue, c'est en grande partie à cause d'une décision forte prise en début de saison par Adrian Newey, le nouveau directeur technique. Plutôt que d'aligner une série de petites évolutions, Aston Martin a fait le pari d'un unique package de modifications majeur, attendu en milieu d'année. Une stratégie qui, sur le papier, est logique pour opérer un bond significatif, mais qui rend les week-ends de course particulièrement difficiles à vivre pour l'équipe et ses pilotes. "Cela pèse sur tout le monde", a reconnu Krack. "On le sent dans le garage, chez les pilotes. Mais la décision a été prise, et nous devons tous nous y tenir."
En attendant, les rivaux, notamment le nouveau venu Cadillac, creusent l'écart. La monoplace accuse un retard d'une seconde au tour sur la concurrence immédiate, un gouffre abyssal dans une discipline où le centième fait la différence. "Tout le monde attend ce package", résume Lance Stroll. "On a Adrian, l'homme le plus titré de l'histoire de la F1. On sait que le potentiel est là, mais il faut être patients."
L'espoir d'un rebond dans la deuxième partie de saison
Malgré ce constat alarmant, Fernando Alonso refuse de baisser les bras. Interrogé sur l'impact de ces futures évolutions sur 2027, le pilote espagnol a répondu avec optimisme : "Les deux. Mais notre espoir, c'est que la deuxième partie de saison soit plus compétitive et que l'on puisse se battre dans le milieu de peloton." Un objectif qui peut sembler modeste pour une équipe qui visait le haut de l'affiche, mais qui est aujourd'hui un véritable défi.
Le timing exact de l'arrivée de ce package n'est pas officiellement connu, mais il devrait arriver juste avant ou juste après la trêve estivale. D'ici là, il faudra serrer les dents et encaisser les coups. "Notre travail est de garder la motivation haute et d'apprendre un maximum", a conclu Krack. "On ne peut pas se contenter de tourner en rond en attendant les pièces. Certains de nos problèmes persisteront, et il faut les régler dès maintenant."
Le paradoxe Aston Martin : un hypercar de rêve, une F1 en crise
Cette période difficile en Formule 1 contraste étrangement avec le succès de la division hypercar de la marque. La Valkyrie, conçue avec le génie d'Adrian Newey, domine les championnats d'endurance WEC et IMSA avec son V12 atmosphérique. Mais même là, des problèmes surgissent : un rappel inédit de sept exemplaires aux États-Unis en raison d'un risque d'incendie au frein arrière dans des conditions de pilotage extrêmes sur circuit (dérive, contre-braquage, intervention ESP). Une anecdote qui montre que même les chefs-d'œuvre de Newey peuvent avoir des failles.
Chez Aston Martin, on croise les doigts pour que le futur package de la monoplace ne connaisse pas le même genre de complications. Le prochain Grand Prix sera scruté de près : il donnera peut-être les premiers indices sur la capacité d'un génie à sortir son équipe de l'ornière.
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