Arménie : sommets diplomatiques et défis environnementaux au cœur de l'actualité

la carte de yerevan, en arménie - arménien photos et images de collection

Ouverture

L'Arménie est au centre de l'actualité diplomatique et environnementale en ce mois d'octobre 2026. Alors que la capitale Erevan accueille la conférence des Nations unies sur la biodiversité (COP17), le pays a également signé une série d'accords bilatéraux avec le Kirghizistan et organisé un forum international sur les mines. Ces événements témoignent de la volonté de l'Arménie de renforcer son positionnement sur la scène régionale et internationale.

La COP17, un rendez-vous crucial pour la biodiversité

Depuis le 19 octobre, près de 200 nations sont réunies à Erevan pour la COP17, la conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique. L'objectif est de sauver le cadre mondial pour la nature, adopté il y a quatre ans, dont les objectifs sont loin d'être atteints. Le Premier ministre arménien Nikol Pashinyan a lui-même reconnu vendredi dernier que « collectivement, nous ne sommes pas encore sur la bonne voie ». Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé à plus d'action, de rapidité et de volonté, qualifiant cette réunion de « moment de responsabilité » à mi-parcours de l'échéance de 2030. Les discussions porteront notamment sur le financement de la biodiversité, un sujet de tension entre pays riches et émergents.

Des accords bilatéraux avec le Kirghizistan

En marge de ces grands rendez-vous, l'Arménie a renforcé ses liens avec le Kirghizistan. Le 17 octobre, lors de la visite officielle du président kirghize Sadyr Japarov à Erevan, les deux pays ont signé un paquet de dix accords couvrant l'éducation, la science, la protection de l'environnement, la sécurité sociale et la protection des données personnelles. Un accord régissant les procédures de voyage et de résidence des citoyens a également été conclu, ainsi qu'un mémorandum sur la préservation des lacs Issyk-Koul et Sevan. Les capitales Bichkek et Erevan sont désormais jumelées. Cette visite a aussi été l'occasion pour le président kirghize d'inviter son homologue arménien au sommet des montagnes Bichkek+25.

Contexte

Un forum minier pour attirer les investissements

Le 16 octobre, la ville de Tsaghkadzor a accueilli la troisième édition du Mining Armenia Forum, qui a réuni plus de 350 délégués de 15 pays. Le vice-Premier ministre arménien Mher Grigoryan a profité de l'événement pour souligner la transformation du rôle de l'exploitation minière dans l'économie mondiale. Selon lui, la demande de cuivre devrait augmenter d'environ 7 millions de tonnes d'ici 2040. Il a insisté sur la nécessité pour l'Arménie de développer une industrie minière de qualité, respectueuse des normes internationales, plutôt que de simplement extraire plus de minerai. La compétitivité des pays repose aujourd'hui sur la combinaison des ressources naturelles, d'une régulation prévisible, d'un environnement fiscal stable et de politiques claires pour les investisseurs.

Les inquiétudes iraniennes sur le projet de transport

Sur le plan géopolitique, l'Arménie suscite également l'attention de son voisin iranien. Le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi, a exprimé le 16 octobre les préoccupations de Téhéran concernant la présence américaine dans le cadre du projet « Trump Route for Peace and Prosperity », une initiative de connectivité régionale devant traverser le sud de l'Arménie pour relier l'Azerbaïdjan au Nakhitchevan. Dans un entretien accordé à l'agence de presse arménienne Armenpress, Araghchi a déclaré que l'Iran surveillait de près l'évolution de ce projet, tout en affirmant faire confiance aux responsables arméniens pour ne pas nuire à la sécurité iranienne. Il a également mentionné la visite récente du ministre arménien des Affaires étrangères, Ararat Mirzoyan, à Téhéran, et la rencontre prévue entre le président iranien Masoud Pezeshkian et le Premier ministre arménien en marge de la COP17.

Perspective

Une diplomatie tous azimuts

La multiplication des initiatives diplomatiques et économiques de l'Arménie témoigne d'une stratégie d'ouverture et de diversification de ses partenariats. En accueillant une conférence internationale majeure sur l'environnement, en signant des accords avec un pays d'Asie centrale et en organisant un forum minier de premier plan, Erevan cherche à consolider sa position de carrefour régional. Cette dynamique s'inscrit dans un contexte de tensions persistantes avec l'Azerbaïdjan et de relations complexes avec la Russie, l'Iran et les pays occidentaux.

Les défis de la biodiversité et du financement

La COP17 à Erevan intervient dans un moment difficile, marqué par des finances publiques sous pression et une attention politique détournée par les conflits et les crises énergétiques. Les objectifs du cadre mondial pour la biodiversité, notamment la protection de 30 % des terres et des océans d'ici 2030, sont loin d'être atteints. Les négociations devront trouver des solutions pour combler le déficit de financement, en impliquant davantage le secteur privé et en réformant les subventions néfastes. L'Arménie, à travers son propre secteur minier, est directement concernée par ces enjeux. Le pays devra concilier développement économique et préservation de l'environnement, un équilibre d'autant plus crucial que sa biodiversité est riche mais fragile.

Un carrefour sous influence

Enfin, le projet de route « Trump Route for Peace and Prosperity » illustre les rivalités géopolitiques qui traversent la région. L'Iran, qui voit d'un mauvais œil l'implication américaine à ses frontières, devra composer avec cette nouvelle donne. L'Arménie, quant à elle, doit manœuvrer entre ses voisins pour préserver sa sécurité et tirer parti des opportunités économiques. Les prochains mois seront décisifs pour la mise en œuvre de ces projets et pour la crédibilité de l'Arménie en tant que plateforme de dialogue et de coopération.


Cet article s'appuie sur les informations fournies par les sources citées, ainsi que sur les connaissances générales du sujet.

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