Ancelotti acte la fin d'une génération dorée
Carlo Ancelotti a officialisé une page importante de l'histoire du football brésilien. Ce jeudi 31 juillet 2026, le sélectionneur italien a confirmé que Neymar, Casemiro et Danilo ne porteront plus le maillot de la Seleção. Une décision mûrie après l'élimination précoce du Brésil en huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026, face à la Norvège (2-1). Un revers qui a sonné comme la fin d'un cycle et qui pousse aujourd'hui le technicien à accélérer la transition générationnelle.
Interrogé par Globo Esporte, Ancelotti a été sans détour : « Je pense que cette Coupe du monde marque la fin d'une génération de joueurs très importants. En commençant par Neymar, mais aussi Danilo et Casemiro. » Le sélectionneur brésilien a toutefois tenu à rassurer sur sa méthode : « Je ne vais pas dire que je vais tout changer. Certains cadres comme Marquinhos resteront pour assurer la continuité, mais l'idée est de rajeunir l'effectif et d'intégrer une nouvelle génération. »
Cette annonce intervient alors que la Confédération brésilienne de football (CBF) s'apprête à disputer ses premiers matchs amicaux post-Mondial, contre l'Australie et l'Inde. Des rencontres qui serviront de laboratoire pour tester de nouveaux visages et poser les fondations de l'équipe qui visera la Copa América 2028, puis le Mondial 2030.
Une page se tourne pour Neymar, Casemiro et Danilo
Le départ de Neymar marque la fin d'une ère. Depuis ses débuts en sélection en 2010, le joueur de Santos a marqué l'histoire de la Seleção avec 130 sélections et 80 buts, devenant le meilleur buteur de l'histoire du Brésil devant Pelé, Ronaldo et Romário. Mais le temps a eu raison de l'icône. Après une Coupe du monde où il n'a joué que 37 minutes à cause d'une blessure au mollet, Neymar a lui-même confirmé sa retraite internationale. « Je pense que mon temps avec l'équipe nationale est passé. J'ai fait l'histoire là-bas, j'ai donné mon sang et ma vie, mais je ne pense pas vouloir recommencer », a-t-il déclaré aux médias vénézuéliens, en marge d'un match de son club.
Casemiro et Danilo ont également été écartés. Le premier, âgé de 34 ans, a porté le maillot vert et jaune à 91 reprises, tandis que le second, médaillé et capitaine à certains moments, compte 75 capes. Si Danilo avait déjà évoqué son départ après la Coupe du monde, Casemiro n'avait pas encore officialisé les choses. Ancelotti, qui l'avait rappelé après une période d'éviction, a tranché : le milieu d'Inter Miami ne sera plus convoqué, malgré une Coupe du monde disputée dans son intégralité (5 matches tous joués).
Ce choix illustre la volonté du technicien italien de préparer l'avenir. Avant le Mondial, il avait déjà annoncé vouloir promouvoir de jeunes talents, notamment en s'appuyant sur les équipes de jeunes. Une logique qui s'inscrit dans la durée : « On va utiliser ces trois prochains matchs amicaux pour intégrer des nouveaux visages, surtout des jeunes qui ont du talent et qui peuvent le montrer dans les prochaines années », a-t-il ajouté, en évoquant aussi la nécessité de créer un lien fort avec les sélections U20, dans la perspective des Jeux Olympiques de 2028.
Les enjeux d'une refonte générationnelle pour le Brésil
Cette refonte intervient dans un contexte délicat pour le football brésilien. Éliminé dès les huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026, le Brésil vit une période de disette : plus aucun titre continental depuis la Copa América 2019, et une absence de couronne mondiale depuis 2002. Une situation qui place Ancelotti sous pression, même si le technicien semble bénéficier d'un capital confiance important après une première année passée à la tête de la sélection.
Mais le défi est immense. Il s'agit de renouveler l'effectif tout en préservant un équilibre sportif et diplomatique. En conservant Marquinhos, 32 ans, Ancelotti envoie un signal fort : l'expérience reste précieuse, mais elle ne doit plus être un frein à l'émergence des jeunes. Cette ligne directrice est d'ailleurs saluée par plusieurs observateurs, qui y voient le signe d'un renouveau nécessaire et attendu par les supporters.
Le Brésil peut s'appuyer sur un réservoir de talents prometteurs, comme Endrick, qui s'est récemment enthousiasmé à l'idée de jouer sous les ordres d'Ancelotti. Le jeune attaquant a notamment déclaré : « Il est intrépide et bénit. » Les prochains mois s'annoncent donc cruciaux pour bâtir une équipe compétitive. Le technicien italien a déjà confirmé sa volonté de rester à la tête de la Seleção malgré les avances de la fédération italienne, qui cherchait un successeur après l'échec à la qualification pour le Mondial. Un choix fort qui démontre sa détermination à mener à bien ce projet de reconstruction, avec pour premiers jalons les amicaux de septembre et la Copa América 2028.
En attendant, les supporters brésiliens retiennent leur souffle : la nouvelle génération devra rapidement assumer l'héritage laissé par les stars sortantes, et écrire son propre chapitre d'histoire. Une tâche passionnante, mais ô combien délicate.
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