Amélie Mauresmo, directrice émue de Roland-Garros, au cœur des adieux de Monfils et Wawrinka

Gilles Moretton, président de la FFT, et Amélie Mauresmo, directrice de Roland-Garros en conférence de presse pour présenter les nouveautés de l'édition 2024. (P. Lahalle/L'Équipe)

Une journée d'émotions fortes pour la directrice du tournoi

Ce lundi 26 mai 2026, Amélie Mauresmo, directrice de Roland-Garros, a vécu l'une des journées les plus intenses de son mandat. Alors que la 125e édition du tournoi du Grand Chelem parisien s'ouvrait, deux légendes du tennis ont fait leurs adieux à la porte d'Auteuil : Gaël Monfils et Stan Wawrinka. L'ancienne numéro 1 mondiale, âgée de 46 ans, a pris le temps d'aller étreindre Wawrinka sur le court Simonne-Mathieu après sa défaite au premier tour, un geste qui a ému le public.

"C'est dur, c'est dur de vous dire au revoir ici", a lancé le Suisse de 41 ans, vainqueur du tournoi en 2015, avant de recevoir une standing ovation. Peu après, le Français Monfils, 39 ans, a lui aussi quitté le central Philippe-Chatrier sous les chants de "Gael, Gael, Gael". Pour Mauresmo, qui connaît bien ces deux champions pour les avoir croisés sur le circuit, cette double journée d'hommages a été chargée d'émotion.

Dans un contexte où le tennis masculin français vit une transition générationnelle, le rôle de la directrice prend une dimension particulière : elle incarne à la fois la mémoire du jeu et l'avenir de l'organisation. Guy Forget a d'ailleurs rendu hommage à Gaël Monfils, soulignant "les émotions" que ce dernier "nous a procurées".

Une vie entre Paris et le Pays Basque pour concilier carrière et famille

Mais la vie d'Amélie Mauresmo ne se résume pas aux allées de Roland-Garros. Depuis plusieurs années, elle a choisi de vivre loin de la capitale, sur la côte basque, à Anglet, entre Bayonne et Biarritz. Un choix assumé pour ses enfants, Aaron et Ayla, qu'elle élève en priorité. "Franchement, là où on habite, on est au Pays Basque, il n'y a rien d'agressant", confiait-elle en 2025 sur le plateau de Clique.

Sa maison, perchée sur les hauteurs d'Anglet, comprend jardin, piscine et même une cave à vin contenant des milliers de bouteilles. Un havre de paix où elle court, fait du vélo en forêt, se promène avec ses chiens et va à la plage selon la saison. "On est bien", résume-t-elle simplement. Cette vie équilibrée lui permet de gérer son emploi du temps de directrice sans sacrifier sa vie de famille : "Vie en priorité avec les enfants, tout le temps disponible dès qu'ils ne sont pas à l'école, et après le boulot, le sport."

Si la plupart des observateurs la voient sillonner les couloirs du stade pendant la quinzaine, ils ignorent souvent qu'elle repart régulièrement au Pays Basque entre deux réunions. Cette organisation, mise en place depuis son arrivée à la tête du tournoi en 2021, semble porter ses fruits : Roland-Garros continue d'attirer les meilleurs joueurs et joueuses du monde.

Un coming out historique et une carrière exemplaire

Avant d'être directrice, Amélie Mauresmo a marqué l'histoire du tennis par son jeu et par son courage. Le 28 janvier 1999, à l'Open d'Australie, elle embrasse sa compagne Sylvie Bourdon après une victoire en demi-finale, officialisant ainsi son homosexualité à une époque où le sujet restait tabou dans le sport. "J'ai pensé que cela pouvait aider certaines personnes. Sauf de la tolérance", expliquait-elle alors à Paris Match. Plus de 20 ans plus tard, en mai 2025, elle revenait sur cet événement dans Clique : "C'était un gros événement et c'était compliqué... J'ai pris cher à ce moment-là."

Cette libération a coïncidé avec son ascension au sommet : numéro 1 mondiale, vainqueure de deux tournois du Grand Chelem (Open d'Australie 2006 et Wimbledon 2006) et médaille d'argent aux Jeux Olympiques d'Athènes. Depuis sa retraite, elle a suivi une autre voie : capitaine de l'équipe de France de Fed Cup, puis directrice de Roland-Garros depuis 2021.

La transition générationnelle s'accélère au tennis français

Les adieux de Monfils et Wawrinka, combinés à l'annonce récente de la retraite de Jo-Wilfried Tsonga et aux absences de Rafael Nadal (non inscrit), marquent la fin d'une époque. En 2026, le tableau masculin est dominé par des jeunes comme Jannik Sinner, numéro 1 mondial, ou le double tenant du titre Carlos Alcaraz, qui a salué Monfils comme "une vraie inspiration".

Pour le public français, l'espoir repose désormais sur des joueurs comme Corentin Moutet, qui affronte le Tchèque Kopriva dès le premier tour, ou le surprenant Thomas Faurel, qui a créé la surprise en sortant Vacherot. Mais la relève tarde à s'imposer dans les grands rendez-vous : le dernier Français vainqueur d'un Grand Chelem masculin reste Yannick Noah en 1983. Amélie Mauresmo, en tant que directrice, œuvre en coulisses pour que le tournoi reste un tremplin pour les nouveaux talents.

Sur le plan sportif, ce Roland-Garros 2026 s'annonce ouvert. L'absence de Cameron Norrie, incertain en raison d'une côte douloureuse, laisse entrevoir des opportunités pour les outsiders. Mais c'est bien l'émotion des adieux qui restera dans les mémoires : Mauresmo, en étreignant Wawrinka sur le court, a symbolisé la transmission entre deux générations de champions.

En résumé : 26 mai 2026 – Amélie Mauresmo, directrice de Roland-Garros, a été au cœur des adieux émouvants de Gaël Monfils et Stan Wawrinka. Vivant entre Paris et Anglet (Pays Basque), elle mène une carrière intense tout en élevant ses deux enfants dans un cadre préservé. Son mandat coïncide avec une période de transition pour le tennis masculin français.

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