Alex de Minaur en finale à Pékin après l'abandon de Hurkacz
Ce lundi 5 octobre 2026, Alex de Minaur s'est qualifié pour la finale du China Open à Pékin, sans jouer son meilleur tennis. L'Australien, cinquième tête de série, menait 6-4, 3-2 face à Hubert Hurkacz lorsque le Polonais, visiblement diminué physiquement, a été contraint à l'abandon. Une qualification qui propulse De Minaur vers sa troisième finale de la saison 2026 sur le circuit ATP.
Cette rencontre, loin d'être un sommet tennistique, illustre pourtant une réalité brutale du sport de haut niveau : la capacité à saisir les opportunités. De Minaur n'a pas eu à forcer son talent, mais il est là, en finale d'un tournoi ATP 500, à une marche d'un 12e titre en carrière. Une performance qui tranche avec une année 2026 jusque-là décevante pour le neuvième joueur mondial.
Un parcours semé d'embûches
Sur l'ensemble de la saison, De Minaur n'avait atteint que deux quarts de finale en Grand Chelem et en Masters 1000, à l'Open d'Australie et au Masters de Monte-Carlo. Un bilan maigre pour un joueur de son rang, qui a souvent buté sur des adversaires plus puissants ou plus réguliers dans les moments clés. Son élimination au deuxième tour de l'US Open avait même semé le doute sur sa capacité à rebondir.
Pourtant, à Pékin, le vent a tourné. Après sa victoire en demi-finale, De Minaur a confié : « J'avais besoin d'un déclic. Les semaines de Coupe Davis, la Laver Cup, c'était exactement ce qu'il me fallait. J'avais besoin de quelque chose de différent. Un peu d'atmosphère d'équipe, de chimie collective, qui m'a permis de faire une remise à zéro et de retrouver mes sensations. »
Un déclic mental avant tout
Le discours de De Minaur est révélateur. Pour lui, le problème n'a jamais été tennistique. « Le tennis n'est jamais parti. C'était plus mental qu'autre chose. Je savais que je pouvais revenir à mon niveau. » Cette introspection fait écho à une saison où l'Australien a souvent semblé émoussé, incapable de franchir le cap dans les tournois majeurs.
La Coupe Davis et la Laver Cup, deux compétitions par équipes, ont agi comme un électrochoc. De Minaur y a remporté ses trois matchs de simple, retrouvant confiance et plaisir. Un reset mental qui porte aujourd'hui ses fruits à Pékin, où il disputera sa troisième finale de l'année.
Djokovic, un adversaire de taille
En finale, De Minaur affrontera Novak Djokovic, 24 fois vainqueur en Grand Chelem. Le Serbe, sixième tête de série, revient à un niveau de jeu impressionnant après un US Open décevant. En quarts de finale, il a écarté Alexander Zverev en trois sets, avant de bénéficier du default de Daniil Medvedev en demi-finale, après que le Russe a frappé une balle en direction d'un spectateur. Un incident qui a défrayé la chronique et qui a conduit à des excuses publiques de Medvedev.
Le face-à-face entre De Minaur et Djokovic penche largement en faveur du Serbe : 3 victoires à 1. Djokovic s'est imposé à Wimbledon, à l'Open d'Australie et à Monte-Carlo. La seule victoire de De Minaur remonte à la United Cup 2024, sur sol australien. Un historique qui n'incite pas à l'optimisme, d'autant que le jeu de l'Australien, basé sur la défense et la constance, semble moins adapté pour déstabiliser un Djokovic en pleine possession de ses moyens.
« Novak a la capacité de changer de direction si facilement. Quand il est à son top, son niveau est très difficile à battre. Il n'a pas vraiment de failles », a reconnu De Minaur. « C'est pour ça que je suis là. Je suis excité par le défi. »
Un tournoi sous le signe des rebondissements
Le China Open 2026 restera marqué par son lot de surprises. Entre l'abandon de Hurkacz, le default de Medvedev et la résurgence de Djokovic, le tableau masculin a offert son lot de drames. Pour De Minaur, cette finale est une occasion en or de relancer une saison jusque-là décevante. Une victoire contre Djokovic, sur dur, en finale d'un ATP 500, aurait une saveur particulière.
Au-delà du résultat, ce tournoi confirme une tendance : les joueurs capables de rebondir mentalement, comme De Minaur après sa traversée du désert, restent des candidats sérieux dans les grands rendez-vous. La question de la durée des matchs en Grand Chelem, relancée par De Minaur lui-même, alimente également les débats. L'Australien s'est dit favorable au maintien du best-of-five, arguant que « c'est l'histoire et la tradition de notre sport, ce qui fait l'unicité des Grands Chelems ». Une position nuancée, alors que d'autres joueurs comme Daniil Medvedev ou Carlos Alcaraz ont pris des positions divergentes.
Une finale à double enjeu
Pour Djokovic, l'enjeu est de renouer avec un titre qui le fuit depuis sa victoire à Athènes en 2025. Pour De Minaur, il s'agit de décrocher un 12e titre ATP et, surtout, de prouver qu'il peut rivaliser avec les meilleurs dans les moments décisifs. Une victoire contre le Serbe serait un signal fort, à quelques mois de l'Open d'Australie 2027.
La finale se jouera ce mardi 6 octobre. Quel que soit le résultat, Alex de Minaur aura déjà marqué les esprits par sa capacité à surmonter une saison compliquée. Reste à savoir si le déclic mental suffira face à l'un des plus grands champions de l'histoire.
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