Alcaraz à l'US Open : un retour semé d'embûches et de doutes

Carlos Alcaraz looks down at his tennis racket.

Alcaraz de retour sur les courts, mais le chemin est semé d'embûches

Carlos Alcaraz fait son grand retour à la compétition cette semaine à l'US Open, près de quatre mois après une blessure au poignet droit survenue au Barcelona Open en avril. Le joueur de 23 ans, tenant du titre, a officiellement confirmé sa participation et a même disputé un match de double mixte aux côtés de la légende Serena Williams, une parenthèse avant de se concentrer sur le simple. Mais son premier tour, prévu contre le Russe Roman Safiullin, s'annonce comme un test très sérieux.

Safiullin, 29 ans, n'est pas un adversaire à prendre à la légère. Lors du dernier Wimbledon, il a éliminé Andrey Rublev et João Fonseca avant de pousser Novak Djokovic dans ses retranchements en huitièmes de finale. Son jeu agressif, porté par un service puissant et un style direct, ne laisse que peu de répit. Pour un joueur qui n'a pas disputé le moindre match officiel depuis avril, cette entrée en matière s'apparente à un défi de taille. Les observateurs s'accordent à dire que l'Espagnol aura besoin de temps pour retrouver son rythme, un luxe que Safiullin ne devrait pas lui accorder.

Un retour mental et physique à double tranchant

Au-delà de l'aspect physique, c'est sur le plan mental que Carlos Alcaraz a confessé avoir souffert. Lors d'une conférence de presse vendredi, il a évoqué des « pensées intrusives » qui ont accompagné sa convalescence. « Une fois que j'ai commencé à m'entraîner un peu, sans savoir quand j'allais pouvoir rejouer, ces pensées ont été vraiment difficiles à gérer », a-t-il confié. Une mise en lumière des doutes qui l'ont assailli, notamment sur sa capacité à être prêt pour Cincinnati ou l'US Open, ou plus simplement pour la tournée américaine.

Cette période d'arrêt a aussi été l'occasion pour lui de se recentrer sur l'essentiel. L'Espagnol assure n'avoir apporté aucune modification technique à son jeu, préférant se concentrer sur sa confiance et son état d'esprit. « Cette blessure m'a aidé à comprendre que tout se joue dans ma tête », a-t-il ajouté, soulignant l'importance de la confiance en son équipe et en ses proches. Pour préparer son retour, il a multiplié les séances d'entraînement intenses, notamment avec le Danois Holger Rune, afin de tester les réactions de son poignet.

Le contexte global du circuit pèse également sur ce retour. De nombreux joueurs, à l'image du numéro un mondial Jannik Sinner, forfait pour ce même US Open en raison d'une blessure au genou droit, sont confrontés à des pépins physiques. Alcaraz y voit un signe des temps : « Je vois beaucoup de joueurs qui ont des problèmes avec leur corps, avec des blessures. Je pense que cela montre à quel point le calendrier est dense pendant toute l'année. » Un constat qui interroge sur la durabilité des organismes dans un sport de plus en plus exigeant.

Un tableau relevé et des ambitions intactes

Au-delà de ce premier tour piégeux, le tableau du tournoi réserve d'autres obstacles de taille à Carlos Alcaraz. Outre la présence dans sa partie de l'Américain Tommy Paul et de son compatriote Ben Shelton, il pourrait croiser sur sa route un certain Novak Djokovic, toujours leader dans la quête de records. Un chemin semé d'embûches qui ne semble toutefois pas inquiéter le principal intéressé, qui affiche une ambition claire : « Je pense que c'est possible. Beaucoup de joueurs l'ont montré, comme Roger Federer ou Rafael Nadal, on peut gagner un Grand Chelem après une longue blessure. »

Cette détermination s'accompagne d'un autre renouveau, plus esthétique celui-ci. Alcaraz a dévoilé sa nouvelle tenue Nike pour l'occasion, un maillot inspiré des uniformes de basketball, alliant un bleu-violet profond à des touches d'orange, de blanc et de noir. Un style qui n'a pas manqué de faire réagir les fans, certains y voyant même un clin d'œil aux couleurs des Knicks de New York, champions NBA 2026. Ses cheveux, qu'il a laissés pousser pendant sa convalescence, sont désormais maintenus par un bandeau, ajoutant une touche personnelle à son look.

Toute l'attention est désormais tournée vers son entrée en lice. Si son poignet répond présent et que son mental tient, Alcaraz a les armes pour aller loin et défendre son titre. Mais il devra se méfier de Safiullin et de tous ceux qui n'attendent qu'une occasion pour le surprendre. Le chemin est étroit, mais l'Espagnol semble prêt à relever le défi.

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