Alain Bauer publie « Sauver nos enfants », un livre noir sur la pédocriminalité en France

Sauver nos enfants - Le livre noir de la pédocriminalité en France

Alain Bauer publie « Sauver nos enfants », un réquisitoire contre les défaillances institutionnelles

Alain Bauer, criminologue et auteur prolifique, publie ce jeudi 1er octobre 2026 « Sauver nos enfants - Le livre noir de la pédocriminalité en France », aux éditions First. L'ouvrage, présenté comme une enquête implacable, dissèque institution par institution — Église, école, sport, aide sociale à l'enfance, justice, police, hôpital — les alertes ignorées, les communications inexistantes et les procédures défaillantes qui ont permis, selon l'auteur, à des décennies de violences sexuelles sur mineurs de rester impunies.

Invendu sur les chaînes d'information en continu — il est notamment attendu à 19h15 sur BFMTV —, Alain Bauer livre un diagnostic sans concession. En introduction, il écrit : « La France n'est pas seulement un pays où des enfants sont violés : c'est un pays qui, pendant des décennies, a toléré, décoré et célébré ceux qui théorisaient leur droit à le faire. » Il cible particulièrement l'élite littéraire et intellectuelle qui a construit une culture où l'attirance pour les enfants était « présentable, discutable, parfois admirable », favorisant ainsi « l'océan d'impunité judiciaire » actuel.

L'auteur consacre des passages à Gabriel Matzneff, incarnation selon lui de l'impunité littéraire pédocriminelle, rappelant que ses ouvrages ont été publiés par de grandes maisons d'édition et récompensés, et que Denise Bombardier fut la seule voix à s'y opposer sur le plateau d'Apostrophes en 1990. Le livre s'appuie sur des chiffres du rapport de la CIVIISE (2023) : 5,5 millions d'adultes victimes de violences sexuelles dans leur enfance et 160 000 enfants victimes chaque année en France.

Contexte : un système Epstein qui hante la France

Cette publication intervient dans un climat où les questions de pédocriminalité et de réseaux d'influence sont plus que jamais au centre du débat public. En juin 2026, Alain Bauer a publié un autre ouvrage consacré au « système Epstein », dans lequel il analyse les mécanismes qui ont permis au financier américain de bâtir un réseau mêlant criminalité sexuelle, argent, influence, renseignement et relations politiques. Il y décrit une dimension systémique et insiste sur les cercles de protection qui ont entouré Epstein pendant des décennies.

La publication en janvier 2026 de millions de pages supplémentaires de documents judiciaires américains avait déjà relancé les interrogations sur les relations d'Epstein avec des personnalités françaises issues de la politique, de la culture et des affaires. Alain Bauer a estimé que le « dossier français » pourrait prendre une ampleur considérable, alors que le parquet de Paris poursuit ses investigations. Il rappelle toutefois qu'une simple mention dans les « Epstein Files » ne constitue pas une preuve de participation aux crimes.

Ce nouvel ouvrage sur la pédocriminalité s'inscrit donc dans une séquence où les institutions sont sommées de rendre des comptes. Le débat sur la protection de l'enfance, longtemps relégué au second plan, revient avec force dans l'espace médiatique, porté par des affaires retentissantes et une prise de conscience collective sur les mécanismes d'emprise et de silence.

Un auteur au cœur de multiples controverses

Alain Bauer n'en est pas à sa première prise de position remarquée. Fin septembre 2026, il a vivement critiqué Sandrine Rousseau lors d'un échange consacré à la dépénalisation du cannabis. Alors que la députée écologiste défendait une approche sanitaire, arguant que la répression n'a pas fait reculer la consommation, le criminologue a mis en garde contre une évolution législative qui transformerait une difficulté sécuritaire en problème sanitaire. Il a souligné l'augmentation des concentrations de THC dans les produits actuels, refusant de considérer le cannabis comme simplement « récréatif ».

Cette omniprésence médiatique témoigne de la place singulière d'Alain Bauer dans le débat public français. Tour à tour consultant, essayiste et invité régulier des plateaux, il intervient sur des sujets aussi variés que la sécurité, le terrorisme, les drogues ou la pédocriminalité. Sa capacité à publier coup sur coup deux ouvrages majeurs — l'un sur Epstein, l'autre sur les violences sexuelles sur mineurs — illustre une stratégie d'influence qui ne cède pas devant la controverse.

Perspective : vers une rupture avec la culture du déni ?

Le livre d'Alain Bauer pose une question de fond : comment une société qui a si longtemps toléré, justifié et esthétisé la pédophilie peut-elle espérer combattre efficacement ce fléau ? L'auteur avance des mesures concrètes pour rompre avec la culture du déni, sans les détailler dans les extraits disponibles. Mais son réquisitoire intervient à un moment où la parole des victimes se libère et où les institutions sont confrontées à leurs propres manquements.

Le contexte international, marqué par l'affaire Epstein et ses ramifications, accentue la pression sur les autorités françaises. Les enquêtes ouvertes en 2026 pourraient révéler l'ampleur des complicités et des protections dont ont bénéficié certains prédateurs. La publication de « Sauver nos enfants » pourrait ainsi nourrir un débat parlementaire et sociétal sur les moyens de mieux protéger les mineurs, notamment via la création d'instances indépendantes et le renforcement des signalements.

Reste à savoir si ce livre noir parviendra à briser les silences institutionnels. À l'heure où les réseaux d'influence et les affaires de corruption continuent d'ébranler la confiance dans les élites, la lutte contre la pédocriminalité apparaît comme un test crucial pour la démocratie française. Comme l'écrit Alain Bauer, l'ouvrage est dédié « à toutes celles et tous ceux qu'on n'a pas crus… Pour toutes celles et tous ceux qu'on peut encore sauver. »

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