Akio Toyoda seul défenseur du thermique : le patron de Toyota persiste et signe

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Akio Toyoda : « Je me sens très seul » dans la défense du moteur thermique

Dans un entretien accordé à CarWow et rapporté le 10 juin 2026, le chairman de Toyota, Akio Toyoda, a livré un témoignage sans fard sur sa position face à l'électrification massive de l'industrie automobile. Alors que les prix de l'essence dépassent les 5,50 $ le gallon dans plusieurs États américains, en raison du conflit avec l'Iran et du blocus du détroit d'Ormuz, la bascule vers l'électrique s'accélère. Mais Toyoda, lui, résiste.

« Tout le monde se tourne vers les BEV (véhicules électriques à batterie), c'est ma plus grande peur », a-t-il déclaré. « Il y a trois ou quatre ans, j'étais le seul à dire aux médias que j'aime l'odeur, j'aime le bruit, j'aime les moteurs, et que je veux préserver les emplois des fournisseurs de moteurs. Mais il me semble que je suis le seul aujourd'hui. Je me sens très seul. »

Un plaidoyer pour l'ICE et les carburants alternatifs

Toyoda n'a pas caché son désamour pour les voitures zéro émission, qu'il juge « peu excitantes ». Selon lui, l'automobile est un « jouet » et il souhaite continuer à produire des voitures qu'il aurait lui-même envie de garder dans son garage. Il a néanmoins reconnu la nécessité pour Toyota de fabriquer des véhicules zéro émission, mais sans enthousiasme.

Cette prise de position intervient alors que Toyota vient de lancer une salve de modèles électriques, dont un remplacement complet pour l'un de ses plus grands noms à essence. Une contradiction apparente que le chairman assume : « Si nous devons fabriquer uniquement des voitures neutres en carbone, ce n'est pas excitant. »

Le projet MR2 : quand les actes contredisent les mots ?

Paradoxalement, cette défense du thermique s'accompagne d'une actualité qui semble lui donner raison. Selon nos confrères de Gear Patrol, Toyota testerait actuellement la prochaine MR2, un modèle mythique à moteur central, sous les traits d'une GR Yaris M à moteur central arrière. Ce prototype, dévoilé lors d'une épreuve de Super Taikyu en 2025, serait un véritable banc d'essai pour la renaissance du « trois frères » : Supra, Celica et MR2.

« Si nous décidions de fabriquer une telle voiture lors d'une réunion, elle n'existerait jamais », a expliqué Toyoda au journal britannique AutoExpress. « Nous montrons à nos employés que vous pouvez relever des défis, que vous pouvez dire tout ce que vous voulez, parce que nous le faisons. » Le dirigeant, qui court lui-même sous le pseudonyme Morizo, semble ainsi vouloir prouver que le thermique a encore de beaux jours devant lui, notamment dans le sport automobile.

Le développement de la future MR2, propulsée par un 4 cylindres turbo central, pourrait être accéléré par les essais en compétition de la GR Yaris M. Une manière pour Toyota de marier passion et innovation, sans céder totalement à la tendance électrique.

Un contexte géopolitique et industriel tendu

Le discours de Toyoda intervient dans un climat géopolitique explosif. Le conflit avec l'Iran a provoqué un blocage du détroit d'Ormuz, faisant flamber les prix du pétrole et poussant les consommateurs américains vers les véhicules hybrides et électriques. Pourtant, le chairman met en garde contre une transition trop rapide : « Plus nous construisons de VE, plus le CO2 s'aggrave », a-t-il déjà déclaré par le passé.

Pour lui, les régions du monde ne sont pas toutes prêtes à passer à l'électrique, faute d'infrastructures de recharge et de dépendance aux énergies fossiles. Une position qui trouve un écho chez certains constructeurs, à l'image de Ferrari, qui maintiennent une offre thermique majoritaire. Mais Toyoda admet que le nombre de ses alliés diminue.

Cette défense de l'ICE peut aussi se lire comme une stratégie de différenciation. Alors que la compétition s'intensifie, avec l'arrivée de nouveaux acteurs chinois sur le marché européen, Toyota mise sur la diversité des motorisations : hybride, hydrogène et thermique pur. Un pari risqué, mais que le chairman semble prêt à assumer seul.

Quel avenir pour la stratégie de Toyota ?

Alors que le salon de l'auto de Genève approche et que les réglementations environnementales se durcissent, le discours de Toyoda interroge. D'un côté, le constructeur japonais investit massivement dans l'électrique, de l'autre, son dirigeant emblématique prône le maintien du thermique.

Cette ambivalence pourrait être une force : en conservant une offre plurielle, Toyota peut s'adapter aux différents marchés mondiaux. Mais le temps presse. Les concurrents, comme Tesla ou les constructeurs chinois, avancent rapidement sur le terrain de l'électrique. Toyoda, lui, continue de croire que la passion automobile peut cohabiter avec la neutralité carbone. Une conviction qui le rend peut-être seul, mais pas forcément isolé.

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